Bonne surprise sur Mediapart

J’étais abonnée depuis plusieurs mois, un an peut-être, je n’avais presque rien publié dans mon blog et rarement commenté quelques articles ou billets, quand je reçus des messages privés me proposant de lancer une « édition participative » en espéranto, qui consisterait en traductions de certains articles de Mediapart.

Comme je ne savais pas bien ce dont il s’agissait, je mis l’idée de côté, me disant qu’il serait bien temps plus tard de l’explorer. Le principal obstacle résidait dans le colossal travail à effectuer pour traduire un nombre même restreint d’articles…

Cet été,  je reçois à nouveau une suggestion « d’edition », mais cette fois il s’agissait de témoigner de ce qui se passe dans le monde espérantiste, de nos rencontres ou découvertes… C’était déjà plus faisable.

La petite équipe de 3 ou 4 volontaires me désigna comme responsable, et voici donc une quinzaine de jours que cette édition existe. Mediapart heberge dans son « club » une édition participative traitant de « Rencontres avec l’espéranto ».

Si certains parmi vous sont abonnés au journal d’Edwy Plenel, n’hésitez pas à nous y rejoindre et à y témoigner. Point besoin pour cela d’être un-e espérantiste émérite. Il suffit d’avoir une expérience à faire partager…

Lettre ouverte à Jean-Vincent Placé

Lors d’une  table ronde à l’université d’été du PS,  le secrétaire- adjoint des Verts s’est taillé un petit succès en ironisant sur les importances respectives de la sécurité et de l’espéranto…

Voir l’article du Monde (abonnés seulement, sinon voir la citation en pied d’article)

Voir l’article de Marianne2

La commission « espéranto » des Verts lui a donc adressé cette lettre ouverte, volontairement ironique:

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Cher Jean-Vincent Placé,

Nous avons appris, par la presse, que tu avais récemment déclaré à une assemblée socialiste souhaiter que la commission Espéranto et Langues des Verts se transforme en Commission Sécurité. Notre commission a étudié avec beaucoup de sérieux (et tout d’abord avec beaucoup d’enthousiasme) cette proposition novatrice de métamorphose radicale. Mais malgré tout l’honneur que tu nous as fait, et qui nous inspire une infinie gratitude, nous avons, après de longues journées de réflexion et de débats, décidé de décliner cette proposition.

Car hélas, nous n’avons pas d’expérience consistante dans le domaine de la sécurité. Nous ne comptons parmi nos membres aucun policier, magistrat, agent pénitentiaire ni même élu local responsable de ce domaine; en somme, personne susceptible de coordonner correctement un tel travail (pas même une providentielle victime!).

Par contre, nous comptons, entre autres,  un universitaire, un ancien responsable export, des enseignants du premier et second degré, un professeur d’anglais. Ils constatent qu’il y a un gouffre entre les ambitions affichées en matière de langues et de communication internationale et les piètres résultats constatés par le grand public. Contrairement à ce que colporte la rumeur, ceci n’existe pas qu’en France. Ce hiatus nous inquiète tous et toutes. »

Si certains de nous préconisent l’Espéranto, c’est tout simplement parce qu’ils et elles ont pu, en utilisant cette langue, entrer en contact avec des écologistes et se faire des amis dans différents pays. C’est aussi parce qu’ils/elles ont pu observer les énormes difficultés que la plupart de nos députés européens éprouvent pour communiquer avec leurs collègues. C’est enfin et surtout parce qu’elles/ils sont écologistes et donc critiques sur le système social actuel. Ils savent donc que l’économie et les institutions ne sont ni naturelles ni spontanément efficientes. En tant que citoyens et enseignants, ils étudient comment fonctionne l’ordre linguistique: au profit des dominants et au détriment des autres. Dans un monde en mutation, ils ont l’intuition qu’à moyen ou long terme, l’émergence de nouvelles puissances bousculera l’ordre linguistique. Elles et ils perçoivent que l’émergence d’une sorte de citoyenneté planétaire est liée à la question des langues et de la communication.

Rappelons, par ailleurs, que l’industrie de l’enseignement des langues représente une source majeure de revenus pour la Grande-Bretagne (environ dix-huit milliards d’Euros par an), au détriment des autres pays européens. Au moment où l’on ne cesse d’appeler à diverses économies « incontournables », il serait peut-être bon de le faire savoir.

Et donc, à quand une commission du Parti Socialiste sur l’enseignement des langues et l’avenir linguistique de l’Europe?

Pour la Commission Espéranto-Langues

Michael Leibman Jeanne-Marie Cash

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Teneur de l’anecdote, telle que Le Monde l’a rapportée:

Ironique « Chez les écolos, il n’y a pas de commission sécurité »
Invité d’une table-ronde sur la sécurité, vendredi, Jean-Vincent Placé, vice-président écologiste en Ile-de-France, a ironisé sur le rapport des Verts à la question de la sécurité. « Chez les écolos, il y a une commission Esperanto, mais pas de commission sécurité », a-t-il lancé devant des socialistes hilares.

Il a ensuite critiqué la position de Noël Mamère contre la vidéosurveillance et la police municipale dans sa ville de Bègles. Avant d’affirmer que socialistes et écologistes doivent éviter deux écueils : « le mot d’ordre démagogique et libertaire », d’une part, et « ne pas tomber de l’autre côté, dans la logique sécuritaire ». Il a aussi prévenu que cette question devrait être présente dans un pacte de gouvernement entre les socialistes et les écologistes en vue de 2012.

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Mediation vers le chinois…

Grâce aux réseaux espérantistes, il existe d’autres moyens, pour communiquer avec la population chinoise,  que de rechercher des Chinois maîtrisant l’anglais (bien plus rares que ce que nous laissent supposer les médias), ou de passer des années à apprendre la langue chinoise (à un niveau forcément très basique).

Le réseau d’espérantistes chinois a mis sur pied un système de traduction utilisant l’espéranto.

Un Espérantiste chinois en relation avec l'étranger

Un Espérantiste chinois en relation avec l'étranger

Charente: un débat citoyen à la MPP

Il existe à Angoulème un espace associatif qui regroupe maintenant plus de vingt associations principalement orientées vers la solidarité, la culture, le respect des différences etc…  Son nom: « Maison des Peuples et de la Paix »

Chaque mois, un « café citoyen » met un sujet de société « sur la table »,  permettant aux différents points de vue de se mesurer dans un débat contradictoire.

Sans doute cet exercice intéressant est-il limité, puisque sa durée est courte (de 60 à 90 mn), mais toutefois, c’est avec un certain soulagement que l’ACE (Association Charentaise pour l’Espéranto) a vu accepter son projet d’organiser un tel débat sur la question linguistique.

affichette d'invitation

affichette d'invitation

Nous aurions voulu que le thème soit: « QuelleS  langueS pour une citoyenneté du XXI è siècle ? » Mais le responsable de ces « cafés » a préféré l’intitulé « La domination de l’anglais est-elle sans conséquence ? ». Le point de départ, un peu plus provocateur, n’est pas tout à fait le même, mais qu’importe!

J’invite donc tous les membres du réseau Europe Ecologie intéressés par les questions de culture, de communication, d’éducation et de démocratie à participer à ce débat.

Ce café citoyen se tiendra donc le vendredi 4 juin, à 19 h à la Maison des Peuples et de la Paix d’Angoulème.

Comme c’est maintenant la coutume, des amuse-gueule seront à disposition des participants (participation aux frais à montant libre) et chacun pourra se désaltérer grâce aux boissons du commerce équitable (thé, café, bière, jus de fruits…)

Il est possible (mais non certain) que le débat se poursuive par une partie festive (mini-concert)…

à suivre….

Dépliant d’information pour  cet événement (PDF, A4 paysage plié en trois)

cafe-citoyen-b

Les questions linguistiques dans la circulation des connaissances

Article du linguiste indien Ghiridar Rao, en date du 6 janvier 2006

Original en espéranto

Sa version en anglais

« Je viens juste de revenir d’un séminaire qui se tenait à Hyderabad. Le thème en était l’initiative de l’Union Européenne concernant la science et la technologie (STEP: Social, Technological and Environmental Pathways to Sustainability)

On y organise des rencontres en Inde (en anglais, inévitablement) « Knowledge Society Debates: A series of events exploring science, technology and innovation in India, 5-13 January 2009″

Bien sûr, j’y suis intervenu, mettant au premier plan les questions que voici, concernant les flux de connaissance:

- Les connaissances indigènes sur la biodiversité sont encodées dans les langues indigènes (en voie rapide de disparition), et l’éducation dans les langues maternelles est la meilleure stratégie pour les conserver – voilà une raison supplémentaire de protéger les droits linguistiques des indigènes (un des droits de l’Homme) -.
- Une mauvaise éducation scolaire, et un enseignement supérieur dans la langue anglaise (pas du tout bien maîtrisée) tel qu’ils sont généralisés en Inde, provoquent des ruptures de connaissance entre les agriculteurs et leurs enfants à l’Université, même dans les sciences appliquées comme l’agriculture.
- Dans l’ordre linguistique actuel, il se produit inévitablement une exclusion des locuteurs des petites langues, ou des langues moins puissantes, dans la collaboration scientifique internationale.
- Et même dans une Union Européenne (du Monde développé, du « 1er monde »), où l’éducation scolaire est de bonne qualité, et généralement très largement dispensée en langue maternelle, les langues jouent un rôle important dans les flux de connaissances, comme on peut le voir dans le rapport Grin – 25 milliards d’euros transférés chaque années des divers pays d’Europe vers la Grande-Bretagne pour des causes linguistiques.
- Voilà donc ce qu’on peut constater, dans des champs divers de l’expérience humaine – des peuples indigènes d’Inde jusqu’à l’Union Européenne – des dissymétries et des ruptures dans le flux des connaissances pour des raisons linguistiques.
Il est clair qu’en Inde et dans l’Union Européenne nous devrions bien mieux maîtriser notre multilinguisme, afin d’obtenir une circulation de connaissances plus juste, plus démocratique.

Et voilà juste le point où l’on peut réussir à montrer que l’histoire (riche de ses 120 ans) de notre mouvement espérantiste, créée ces flux démocratiques de communication. Mais c’est le thème d’un autre séminaire…
Merci!

Celui qui se bat risque de perdre…

Il me semble que cette citation soit de Bertold Brecht: « Celui qui se bat risque de perdre, mais celui qui ne se bat pas a perdu d’avance »

Beaucoup de gens sont d’accord pour reconnaître qu’une hégémonie linguistique  (actuellement celle de l’anglais) est préoccupante à bien des égards:

  • elle donne l’avantage rhétorique aux peuples dont c’est la langue d’état -ou langue maternelle- ,  faussant ainsi les processus démocratiques
  • elle entraîne des conséquences économiques non négligeables
  • elle entraîne un hiatus entre ceux qui pratiquent la langue véhiculaire à un niveau acceptable ou très bon… et ceux qui la balbutient

Il existe nombre d’autres problèmes, mais je préfèrerais faire court pour le moment.

Cependant, malgré cette position « critique » assez répandue, le consensus est assez large pour dire qu’il y a « d’autres urgences plus préoccupantes » (ce qui n’est pas faux). Et, en raison de ces urgences, on renvoie un examen critique de l’ordre linguistique à plus tard, autant dire aux calendes grecques…

Le but de ce blog est d’apporter des éléments d’information d’abord, de réflexion ensuite, afin de convaincre le plus grand nombre de militants d’Europe-Ecologie de plusieurs choses:

  1. qu’au niveau international, la situation linguistique actuelle crée un déséquilibre de fait entre des citoyens « dominants » et d’autres de seconde zone, ceci étant dû au filtre de la langue.
  2. qu’il suffirait de bien peu pour changer progressivement cette situation inéquitable,  à des coûts humains et financiers très raisonnables
  3. que ceci apporterait non seulement plus d’équité, mais plus d’éfficacité.

Les obstacles principaux ne résident pas seulement dans la réalité, mais aussi  dans l’idée qu’on s’en fait.

Le but à atteindre est un véritable multilinguisme. Ce « serpent de mer » de l’Union, officiellement plebiscité dans les dicours,  est en fait, sous prétexte d’économie et d’efficacité,  battu en brèche par les décisions et comportements des divers « décideurs » et politiciens.

Vous trouverez ici des informations et des alertes relatives à tout ce qui va à l’encontre du respect de la diversité des  langues et cultures de l’Europe.